20 juin 2007
2007 : Toujours pas d’arabe à l’Assemblée
On nous l’avait tellement promis qu’on avait fini par le croire. Cette fois s’était la bonne, 25 ans après la marche des beurs qui proclamaient leurs droits d’être considérés en français comme les autres, le PS allait faire rentrer la « diversité » à l’Assemblée Nationale. Seulement, voilà, cette fois encore, pas un seul parlementaire d’origine maghrébine ne siégera au Palais Bourbon.
Les deux causes de l’échec
J’ai eu l’occasion d’enquêter avant les élections sur le sujet pour un article paru dans la revue Prochoix. Déjà, il apparaissait comme évident qu'il serait difficile de faire élire ces français. D'abort, parce que pour faire émerger des candidats d’origine arabe,
la direction du Parti Socialiste a fait le choix de geler des circonscriptions et de nommer des candidats. Pourquoi ? d’abord parce que depuis des années le parti ne s’est jamais préoccupé de faire émerger des cadres issus de la diversité et qu'il n'existait quasiment pas de candidature spontanée, ensuite parce que ces investitures ont été instrumentalisées pour des enjeux internes. Elles devaient donc permettre d’écarter tel ou tel candidat. Sur les 21 candidats estampillés "diversité", un seul a été investi par les militants socialiste locaux comme le veut la tradition au PS. Résultat, des candidats apparaisants illégitimes et souvent contestés par des militants. C’est la cas par exemple de Malek Boutih à Angoulême dont l'implantation a était particulierement difficile. Il a vu se présenter face à lui une dissidente socialiste ayant pour suppléant le député socialiste sortant et jouissant du soutien de bon nombre de militants locaux. Résultat, l’ancien patron d’SOS n'a pas passé le premier tour. Par ailleurs, l’autre raison de cet échec est plus inquiétante encore, sur chacune des circonscriptions concernées, ces candidats font autour de 10% de moins que Ségolène Royal au premier tour. Visiblement, l’électorat même socialiste n’est pas encore prêt a voter pour des arabes ! Peut être, seulement aucun de ces candidats ne l’étaient dans une grandes villes, or c’est dans les centres urbains que la diversité et le métissage sont les plus avancés, c’est donc incontestablement par là qu’il fallait commencer.
L’exception parisienne
Le cas du 20ème arrondissement reste à part. Dans la dernière circonscription de Paris, réservé à une femme, 7 candidates s’affrontent à l’investiture : 3 blanches, 1 noire, 3 maghrébines (puisque c’est dans ces termes que se pose alors le débat !). Parmi les 7, Sophia Chikirou est de loin la favorite, seulement voilà elle est proche de Michel Charzat, maire de l’arrondissement et cela ne convient ni à Bertrand Delanoé, maire de Paris, ni à Patrick Bloche, 1er Fédéral du PS parisien. Alors, encore une fois la circonscription va être gelée pour une minorité visible. Reste à savoir laquelle des candidates va être choisie ? Georges Pau-Langevin, brillante avocate antillaise et membre du cabinet du maire de Paris à les faveurs de la Mairie et de la Fédération, mais comment écarter les autres candidates et en particulier Sophia Chikirou. La solution vient de Patrick Bloche qui imposera Georges Pau-Langevin au nom de la « diversité dans la diversité », entendez par là : trop de candidat arabe et pas assez de noir ! ça ne s’invente pas. C’est ainsi que la seule candidate d’origine maghrébine en passe de l’emporter s’est vu écartée de la course. De son côté la droite nomme des secrétaires d'Etat et Ministre d'origine maghrébine mais pas un seul député non plus !
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